La vidéo de la Soirée de lancement de PLS n°3


Soirée Place de la Sorbonne 16 avril 2013 par scde

Un grand merci à Télésorbonne pour sa précieuse collaboration !

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ERRATUM

Dans le n°3 de Place de la Sorbonne, qui vient de paraître, le texte de l'Entretien avec Dominique Fourcade a été altéré en deux endroits :
* p. 20, le second paragraphe ("Diriez-vous que cela tient…") de la première question à lui posée devrait être en italique.

* p. 23, ligne 5, il faut lire : "Plus directement dit, l'écriture me démasque, et en même temps me déviole [sic]." et non pas "et en même temps me dévoile".
Toutes nos excuses au poète.

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Soirée de lancement de PLS 3 le 16 avril

 

Mardi 16 avril, 19h30, Amphithéâtre Richelieu
Soirée de lancement du troisième numéro de Place de la Sorbonne
avec lectures et rencontres, en présence de plusieurs des poètes publiés dans ce numéro

PLS 3 flyer_Page_1Lecture de et par : Michel Deguy, Jean-Pierre Siméon, James Sacré, Marie-Hélène Archambeaud, Christian Prigent, István Kemény, Rosanna Warren, Gérard Cartier, Arnould Talhouarn, Pierre Drogi.

A l'issue de la soirée, les auteurs signeront leurs livres.

Télécharger l'invitation (carton à présenter à l'entrée)

Le numéro 3 de Place de la Sorbonne, revue internationale annuelle de poésie de l’université Paris-Sorbonne, paraît au début de ce mois d’avril 2013.
Cette revue n’est pas celle d’un courant ni d’une esthétique particulière. Elle a pour vocation de faire découvrir et mieux connaître, au public le plus large possible, la poésie actuelle, de langue française ou pas, dans sa richesse et sa grande diversité.

Avec ce troisième numéro, Place de la Sorbonne atteint sa vitesse de croisière. La revue a trouvé sa place dans le champ poétique contemporain, grâce d’abord sans doute à la qualité et à la diversité des poètes qui y sont publiés, mais aussi à ce qui la distingue de la plupart des autres revues de poésie, cette large place faite à la présentation, à l’analyse et au commentaire qui vise à fournir au lecteur repères, éclairages, outils divers pour qu’il se familiarise avec la poésie actuelle et aille toujours plus avant dans sa découverte.

Cette livraison s’ouvre par un texte dense et fort de « L’Invité », Jean-Pierre Siméon, directeur du Printemps des Poètes, qui dit comment et pourquoi, en dépit des idées reçues, la poésie est aujourd’hui plus nécessaire et plus efficace que jamais. Un entretien avec Dominique Fourcade, un des écrivains les plus novateurs d’aujourd’hui, jette sur son œuvre, mais aussi sur certains des enjeux de la poésie et de l’art d’aujourd’hui, un éclairage essentiel.

Parmi les poètes de langue française publiés dans ce numéro, quelques-uns sont d’ores et déjà notoires : James Sacré, Christian Prigent, Dominique Grandmont. D’autres sont bien engagés dans une œuvre de grande qualité, comme Gérard Cartier, Pierre Drogi ou Alexis Pelletier. Enfin, la revue rassemble des textes de nombreux poètes plus jeunes, dont la lecture permettra de se faire une idée substantielle de la vitalité de l’écriture poétique contemporaine.

Dans la rubrique « Langues du monde », on lira des textes (en version bilingue) d’une Bulgare, Kéva Apostolova, d’une Canadienne, Karen Mac Cormack, d’une Américaine, Rosanna Warren et d’un Hongrois, István Kemény.
Catherine Fromilhague commente, dans la rubrique « Vis-à-vis », des poèmes de Bernard Vargaftig, un grand poète récemment disparu. Et dans « Confrontations », Michel Deguy propose une réflexion originale, brillante et pénétrante, sur la question du sens en poésie aujourd’hui. « Contrepoints » permet de découvrir le travail d’un plasticien chilien, Manuel Torres. Le volume se clôt sur de nombreux comptes rendus de livres récents de poésie.

Place de la Sorbonne est éditée par les Éditions du Relief et distribuée par Vilo. On peut l’acheter dans toutes les librairies au prix de 15 € TTC.

Lieu : Amphithéâtre Richelieu (entrée par le 17 rue de la Sorbonne)

Entrée libre sur réservation obligatoire à : agenda-culturel@paris-sorbonne.fr / 01 40 46 33 72

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Communiqué de presse : lancement de PLS n°3

Le numéro 3 de Place de la Sorbonne, revue internationale annuelle de poésie de l’université Paris-Sorbonne, paraît au début de ce mois d’avril 2013.

Cette revue n’est pas celle d’un courant ni d’une esthétique particulière. Elle a pour vocation de faire découvrir et mieux connaître, au public le plus large possible, la poésie actuelle, de langue française ou pas, dans sa richesse et sa grande diversité.

Avec ce troisième numéro, Place de la Sorbonne atteint sa vitesse de croisière. La revue a trouvé sa place dans le champ poétique contemporain, grâce d’abord sans doute à la qualité et à la diversité des poètes qui y sont publiés, mais aussi à ce qui la distingue de la plupart des autres revues de poésie, cette large place faite à la présentation, à l’analyse et au commentaire qui vise à fournir au lecteur repères, éclairages, outils divers pour qu’il se familiarise avec la poésie actuelle et aille toujours plus avant dans sa découverte.

Cette livraison s’ouvre par un texte dense et fort de « L’Invité », Jean-Pierre Siméon, directeur du Printemps des Poètes, qui dit comment et pourquoi, en dépit des idées reçues, la poésie est aujourd’hui plus nécessaire et plus efficace que jamais. Un entretien avec Dominique Fourcade, un des écrivains les plus novateurs d’aujourd’hui, jette sur son œuvre, mais aussi sur certains des enjeux de la poésie et de l’art d’aujourd’hui, un éclairage essentiel.

Parmi les poètes de langue française publiés dans ce numéro, quelques-uns sont d’ores et déjà notoires : James Sacré, Christian Prigent, Dominique Grandmont. D’autres sont bien engagés dans une œuvre de grande qualité, comme Gérard Cartier, Pierre Drogi ou Alexis Pelletier. Enfin, la revue rassemble des textes de nombreux poètes plus jeunes, dont la lecture permettra de se faire une idée substantielle de la vitalité de l’écriture poétique contemporaine.

Dans la rubrique « Langues du monde », on lira des textes (en version bilingue) d’une Bulgare, Kéva Apostolova, d’une Canadienne, Karen Mac Cormack, d’une Américaine, Rosanna Warren et d’un Hongrois, István Kemény.

Catherine Fromilhague commente, dans la rubrique « Vis-à-vis », des poèmes de Bernard Vargaftig, un grand poète récemment disparu.

Et dans « Confrontations », Michel Deguy propose une réflexion originale, brillante et pénétrante, sur la question du sens en poésie aujourd’hui.

« Contrepoints » permet de découvrir le travail d’un plasticien chilien, Manuel Torres.

Le volume se clôt sur de nombreux comptes rendus de livres récents de poésie.

Place de la Sorbonne est éditée par les Éditions du Relief et distribuée par Vilo. On peut l’acheter dans toutes les librairies au prix de 15 € TTC.

Une soirée de lancement du PLS3 se déroulera le mardi 16 avril à 19h30, à l'amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, Paris 5e.

Plusieurs des poètes publiés dans ce numéro liront leurs textes, puis signeront leurs derniers livres.

Entrée libre sur réservation obligatoire à : agenda-culturel@paris-sorbonne.fr / 01 40 46 33 72

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Vidéo intégrale de la soirée Place de la Sorbonne

Soirée Place de la Sorbonne, 18 décembre 2012. Centre universitaire Malesherbes.

Organisation : Service culturel de Paris-Sorbonne

Réalisation : Guillaume Prost, chef du service audiovisuel du centre Malesherbes.

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Jacques Dupin vu par Jacques Le Gall

 

JACQUES DUPIN OU LE « RAYONNEMENT D’ÉNERGIE SILENCIEUSE » DU POÈME

Né le 4 mars 1927 à Privas, Ardèche, Jacques Dupin est mort le 27 octobre 2012 à Paris. Les lignes qui suivent saluent un homme de grand format. De cet homme, elles rappelleront une voix (raucité et violence soutenue) et un regard (clairvoyance et cécité voulue). Car Jacques Dupin fut à la fois poète et critique d’art, un critique d’art dont l’écriture demeura toujours écriture de poète.

Le premier recueil poétique (Cendrier du voyage) fut préfacé par René Char (rencontré en 1947) et date de 1950. Mais le jeune poète ne tarde pas à récuser toute célébration lyrique et à prendre ses distances. Il s’engage alors sur un « chemin frugal » – un « chemin de crête » – qu’il ne quittera plus, poussé comme en avant de lui-même par ce qu’il appelle une « injonction silencieuse ». Un deuxième recueil, intitulé Gravir, paraît chez Gallimard en 1963. Il rassemble des plaquettes publiées en particulier chez Guy Lévis Mano : Suite basaltique, Les Brisants, L’Épervier, À l’aplomb et Saccades. En 1999, Le Corps clairvoyant regroupera dans la collection « Poésie/Gallimard » les quatre livres que Jacques Dupin a publiés de 1963 à 1982 : Gravir, L’Embrasure, Dehors, Une apparence de soupirail. Entre-temps, plusieurs ouvrages ont été publiés ou republiés aux éditions Fata Morgana (Chansons troglodytes en 1989 et Rien encore, tout déjà en 1991), ainsi que chez P.O.L (Contumace en 1986, Échancré en 1991, Le Grésil en 1996, Écart en 2000, De singes et de mouches précédé de Les Mères en 2001). En 2009, la collection « Poésie/Gallimard » s’ouvre pour la seconde fois à Jacques Dupin : sous le titre Ballast, elle rassemble trois des textes précédemment publiés chez P.O.L : Contumace, Échancré et Le Grésil. Un denier recueil – Coudrier – avait paru chez P.O.L en 2006.

L’œuvre poétique de Jacques Dupin a été saluée par la plupart de ses pairs : Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, André du Bouchet, Jean Tortel, Bernard Noël, Dominique Fourcade, Michel Deguy… Des artistes considérables l’ont illustrée, tels Miró, Tàpies, Jean Capdeville, Masson, Ubac, Rebeyrolle, Riopelle, Raquel, Gérard Titus-Carmel, Étienne Hajdu, Francis Bacon, Adami, et la liste n’est pas exhaustive. Le Prix national de poésie l’a honorée en 1988. Des traductions en ont été proposées, comme celles de Paul Auster (Jacques Dupin a lui-même fait œuvre de traducteur). Des ouvrages critiques l’ont questionnée, depuis celui de Georges Raillard (il y a déjà près de quarante ans), jusqu’aux études de Jean-Claude Mathieu (décrypteur, par exemple, du recueil  intitulé Les Mères) en passant par les travaux de Jean-Pierre Richard, Dominique Viart, Emmanuel Laugier, Nicolas Pesquès et bien d’autres. Le tout, on s’en doute, sans pouvoir empêcher la marginalisation de la poésie ou, plutôt, son absence : « Absente, la poésie l’a toujours été. L’absence est son lieu, son séjour, son lot », peut-on lire dans Éclisse.

Le poète selon Jacques Dupin est un « prisonnier ». Le prisonnier d’une langue (une gangue), d’un espace intérieur (un « moi » fracturé) et de cette cellule pourtant immense dans laquelle l’homme se trouve reclus (« L’impossible et l’ineffaçable : le réel »). Il lui faut par conséquent se colleter avec son « dedans ». Se colleter aussi avec le réel et avec le langage, avec l’excès et le défaut de l’un et de l’autre, l’excès et le défaut du rapport de l’un à l’autre. Il lui faut « gravir », autrement dit graver et aggraver bien plus qu’ascensionner. « Par le versant abrupt, la plus libre des routes », il lui faut écrire. C’est-à-dire enfreindre et creuser. Détruire et transformer. Incriminer et violenter. Embraser et submerger. Obturer et échancrer. Dénouer et tirer des fils dans le vide. Marcher « interminablement ». Marcher « à sa perte entière, d’un pied sûr », marcher dans la nuit « pour qu’elle chemine vers son terme et son retournement ». Pendant plus de six décennies, le poète aura ainsi raboté la masse gelée de la langue, affouillé son lit de pierre, l’excavant, lui arrachant des mots qu’il a concassés, remâchés, écartelés, mis sens dessus dessous, charriés, lessivés avant de les aligner, comme autant de débris entraînés puis abandonnés par le grand glacier verbal sur la table de la page. La poésie de Jacques Dupin rend ainsi compte d’une expérience scripturale vécue comme une traversée de l’espace et comme un corps à corps dont l’intensité s’avoue dans le fragment suivant, extrait de ces bourrelets de terre et de mots que sont ces morceaux de prose-vers-la-poésie glacialement intitulés Moraines :

Expérience sans mesure, excédante, inexpiable, la poésie ne comble pas mais au contraire approfondit toujours davantage le manque et le tourment qui la suscitent. Et ce n’est pas pour qu’elle triomphe mais pour qu’elle s’abîme avec lui, avant de consommer un divorce fécond, que le poète marche à sa perte, d’un pied sûr. Sa chute, il n’a pas le pouvoir de se l’approprier, aucun droit de la revendiquer et d’en tirer bénéfice. Ce n’est qu’accident de route, à chaque répétition s’aggravant. Le poète n’est pas un homme moins minuscule, moins indigent et moins absurde que les autres hommes. Mais sa violence, sa faiblesse et son incohérence ont pouvoir de s’inverser dans l’opération poétique et, par un retournement fondamental, qui le consume sans le grandir, de renouveler le pacte fragile qui maintient l’homme ouvert dans sa division et lui rend le monde habitable.

Jacques Dupin, qui avait participé à la fondation de la revue L’Éphémère aux côtés de Gaëtan Picon, Louis-René Des Forêts, André du Bouchet, Yves Bonnefoy, Michel Leiris et Paul Celan, a aussi écrit une pièce de théâtre (L’Éboulement en 1977), été directeur des éditions de la galerie d’art Maeght et cofondateur de la galerie Lelong. Il a ainsi fréquenté la plupart des artistes majeurs du XXe siècle (Picasso, Brancusi, Calder, Braque, De Staël, Tàpies, Michaux, Pollock, Alechinsky, Bram van Velde, Chillida…), organisé de multiples expositions et écrit des textes qui ne peuvent pas être séparés de l’œuvre poétique tant l’implication du critique est profonde et parce que la plupart de ces textes sont de véritables poèmes en prose. Dupin a notamment écrit une admirable série de textes sur Giacometti (dont il fut l’ami) et, sur Joan Miró (dont il fut également l’ami), un grand nombre d’études qu’il n’a cessé d’enrichir au point de devenir l’expert international du peintre catalan et l’auteur d’une magistrale monographie rééditée en 2004 chez Flammarion.

En dépit de son intransigeante et paradoxale revendication d’objectivité (« Ignorez-moi passionnément ! »), il semble que le matérialisme poétique de Dupin (il faudrait le confronter à celui de Ponge) ait finalement opéré une forme de retour au sujet. On notera que ce « retournement inespéré » s’effectue par assimilation du métier d’écrire à des métiers manuels (carrier, laboureur, tisserand, scribe) qui mettent aux prises avec ces matières premières que sont la pierre (compacité et friabilité), la terre (boue et poussière), le fil (du vers à soie et de l’encre), le papier (cime et gisement). Qu’il prend corps au moyen d’une animalisation sous les traits du ver, du rat, du sanglier, de la mouche ou du singe, mais ces traits engagent aussi le traitement d’un matériel langagier justiciable de toutes les opérations possibles, de l’ablation (vers/ver) à la transplantation (bouche/mouche) en passant par la dissection (sanglier/sang-lier) ou l’anagrammatisation (rat/art, singe/signe). Qu’il procède enfin, recueil après recueil, entre trace et écart, par aveux cryptés et ironiques, brisés et ressassés : descente dans la « combe obscure » de l’enfance, morsure et mort de ce jumeau que fut le singe Boubou, procession des mères-folles dans l’asile psychiatrique dirigé par le père, magnifique compagnonnage de Marius Chapurlat à Sainte-Marie, errance dans le quartier parisien du Temple à l’âge mûr, tranchant et fécond face-à-face avec André du Bouchet « sur un coteau du Vexin »…

Tel fut, pour Jacques Dupin, le travail poétique confronté à l’obscurité d’un « dedans », à l’irréductible « dehors », à la violence des liens de la langue. Telle l’effraction fomentée par le poète. Tel le « rayonnement d’énergie silencieuse » du poème.

Jacques Le Gall

 

Œuvre poétique de Jacques Dupin :

  • Cendrier du voyage, G.L.M, Paris, 1950 (frontispice d’André Masson, avant-propos de René Char) ; réédition Fissile éditions, Les Cabannes, 2006.
  • Art poétique, P.A.B, Alès, 1956 (frontispice d’Alberto Giacometti).
  • Les Brisants, G.L.M, Paris, 1958.
  • L'Épervier, G.L.M, Paris, 1960 (frontispice d’Alberto Giacometti).
  • Gravir, Gallimard, Paris, 1963.
  • L'Embrasure, Gallimard, Paris, 1969.
  • Dehors, Gallimard, Paris, 1975.
  • Ballast, Le Collet de Buffle, Paris, 1976.
  • Histoire de la lumière, L'Ire des vents, Paris, 1978.
  • De nul lieu et du Japon, Éditions Fata Morgana, Montpellier, 1981 ; réédition Farrago, Tours, 2001.
  • Le Désœuvrement, Orange Export Ltd, Malakoff, 1982.
  • Une apparence de soupirail, Gallimard, Paris, 1982.
  • De singes et de mouches, Éditions Fata Morgana, Montpellier, 1983 (eaux-fortes de Pierre Alechinsky).
  • Les Mères, Éditions Fata Morgana, Montpellier, 1986 (illustrations d’Eduardo Chillida).
  • Contumace, P.O.L, Paris, 1986.
  • Chansons troglodytes, Éditions Fata Morgana, Montpellier, 1989 (une encre de Jean Capdeville).
  • Rien encore, tout déjà, Éditions Fata Morgana, Montpellier, 1991.
  • Échancré, P.O.L, Paris, 1991.
  • Éclisse, Spectres familiers, Marseille, 1992.
  • Matière du souffle, Fourbis, 1994.
  • Le Grésil, P.O.L, Paris, 1996.
  • Écart, P.O.L, Paris, 2000.
  • De singes et de mouches suivi de Les Mères (réédition), P.O.L, Paris, 2001.
  • Coudrier, P.OL, Paris, 2006.

En collection de poche :

  • Le Corps clairvoyant (1963-1982) (rassemble Gravir, L'Embrasure, Dehors et Une apparence de soupirail, préface de Jean-Christophe Bailly, À l'écoute de l'intensité par Valéry Hugotte, et reprise de la préface de Jean-Pierre Richard à L'Embrasure précédé de Gravir), « Poésie/Gallimard », Paris, 1999.
  • Écart, P.O.L, 2000.
  • Rien encore, tout déjà (rassemble Chansons troglodytes et Rien encore, tout déjà), Seghers, 2002.
  • Ballast (rassemble Contumace, Échancré et Le Grésil), « Poésie/Gallimard », Paris, 2009.

Essais sur l'art contemporain

Principaux ouvrages critiques :

  • Jean-Pierre Richard, « Jacques Dupin » in Onze études sur la poésie moderne, Seuil, 1964 (réédition collection « Points », 1981).
  • Georges Raillard, Jacques Dupin, Seghers, collection « Poètes d'aujourd'hui », 1974.
  • Dominique Viart, L'Écriture seconde. La pratique poétique de Jacques Dupin, Galilée, 1982.
  • Revue de Belles-Lettres, Genève, n° 3-4, « À Jacques Dupin », 1986 (textes de Paul Auster, Yves Bonnefoy, Michel Deguy, André du Bouchet, Edmond Jabès, Philippe Jaccottet, Jean-Claude Mathieu, Pierre-Alain Tâche, Jean Tortel, José-Miguel Ullàn, François Zénone…).
  • Évelyne Lloze, Approches de Jacques Dupin, Amsterdam, Rodopi, collection « Faux Titre », 1993.
  • L'Injonction silencieuse. Cahier Jacques Dupin, direction Dominique Viart, La Table Ronde, 1995 (textes de Paul Auster, Michael Bishop, Sieghild Bogumil, Yves Bonnefoy, Mary-Ann Caws, Yves Charnet, Michel Collot, André du Bouchet, Claude Esteban, Jean Frémon, Valéry Hugotte, John E. Jackson, Évelyne Lloze, Jean-Claude Mathieu, Jean-Michel Maulpoix, Nicolas Pesquès, Yves Peyré, Georges Raillard, Florian Rodari, Kazunari Suzumura, Florence Tellier, José-Miguel Ullàn, Dominique Viart, Pierre Vilar, François Zénone).
  • Nicolas Pesquès, Balises pour Jacques Dupin, Fourbis, 1994
  • Cahiers de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, no 2 (1998), textes de Claude Esteban et Francis Cohen.
  • Strates. Cahier Jacques Dupin, direction Emmanuel Laugier, Farrago, 2000 (textes de Jean-Christophe Bailly, Bernard Noël, Cédric Demangeot, Claude Esteban, Jean-Luc Sarré, Dominique Viart, Mathieu Bénézet, Jean-Louis Giovanonni, Jean-Patrice Courtois, Alain Freixe, Valéry Hugotte, Dominique Fourcade, Pierre Vilar…).
  • Christophe Gérard, « Contribution à une sémantique interprétative des styles : étude de deux œuvres de la modernité poétique : Jacques Dupin et Gérard Macé », revue Texto !, 2005.
  • Jacques Dupin ou l'effraction poétique, direction Jacques Le Gall et Maud Fourton, revue Méthode ! no 8, Éditions Vallongues, 2006 (textes de Jacques Dupin, Bernard Mazo, Évelyne Lloze, Maud Fourton, Christine Chemali, Catherine Soulier, Michèle Monte, Dominique Vaugeois, Jacques Le Gall, Michel Deguy).
  • 04.03. Mélanges pour Jacques Dupin, P.O.L, 2007.
  • Matière d'origine, numéro 20/21 de la revue Faire part consacré à Jacques Dupin, 2007.
  • Europe no 998-999 consacré à Jacques Dupin (sous la direction de Jean-Claude Mathieu), juin-juillet 2012. (Contient une chronologie d'Emmanuel Laugier et un entretien avec Paul Auster sur le poète.)
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Retour sur la soirée PLS du 18 décembre 2012

 

Le mardi 18 décembre dernier à 18h30, Place de la Sorbonne accueillait, dans le grand amphithéâtre du Centre Malesherbes de Paris-Sorbonne, sept poètes dont les n° 1 et 2 de la revue avaient publié des textes. Ces poètes sont parmi les plus importants des poètes de langue française d’aujourd’hui (deux d’entre eux sont belges, et ils étaient venus tout exprès de Belgique pour participer à cette soirée) : Marie-Claire Bancquart, William Cliff, Jean-Pierre Lemaire, Lionel Ray, Jacques Roubaud, Esther Tellermann et Jean-Pierre Verheggen. Chacun d’eux a lu quelques-uns de ses poèmes. Jean-Pierre Verheggen, en un vigoureux duo avec le comédien Jacques Bonnaffé, son complice, a clos cette lecture par un feu d’artifice. L’assistance, composée d’environ cent cinquante personnes, a chaleureusement remercié les poètes par des applaudissements nourris. Puis les auteurs ont dédicacé leurs livres, présents sur une table grâce à la diligence de la librairie Tschann de Montparnasse.

Accéder à toutes les photos de la soirée

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Pour saluer Gérard Augustin, par Marc Fontana

On sait peu de choses de la vie et de l'oeuvre de Gérard Augustin, au-delà d'un cercle restreint d'amis et de lecteurs fidèles. Gérard Augustin était loin d'être un poète secret et inactif mais il n'était pas non plus de ceux qui sont sur tous les fronts du paraître et que d'aucuns finissent par croire importants parce qu'ils figurent au fronton de toutes les revues. Gérard Augustin, il fallait le lire, et lire, nous le savons, est un engagement. Nous n'employons le passé que parce que Gérard Augustin est mort le 20 janvier 2012[1]. Mais savons-nous vraiment ce qui s'achève quand avec l'oeuvre perdure l'exigence poétique et qu'à travers elle le poète fomente toujours ses éclosions ? Oui, lire Augustin c'est aller le chercher, et le suivre, et l'écouter, et accepter de partager l'ample discours de ses poèmes. Le comprendre n'est pas aisé. Gérard Augustin se tient sur le fil du sens, sur le fil du temps et celui de la mémoire. Par collages, par juxtapositions et miroitements, il veut retenir

(…)" la limaille de questions
dont nous saupoudrons le seuil de notre
plus ardente pensée avant qu'elle ne
s'enfuie" [2]

Son art poétique tend à recomposer tout ce qui installe la présence et même l'anticipe, pensée, perception, circonstances, biographie, amour, récit. C'est donc une poésie de relation. Mais une relation quasi hallucinée où l'image flamboie comme une balise, dans une prose qui semble un moment de la respiration d'un discours sans fin. Ainsi le début du poème Simulations :

"Larvaire, le panache, au-dessus des fidèles qui s'octroient sans cesse des bouches à gaver, empiète sur le coeur du nageur revenu se blottir dans l'anfractuosité du vent, la ligne ludique des rapines, sur le rocher où je me suis assis, aux premières incandescences du soir, dans l'antre obscur du destin, lorsqu'on exige de moi le mot de passe qui pivote pour présenter toutes les faces de la pensée, pas plus qu'un rameau brûlé d'olivier n'arrête l'irréparable, le corps larvaire se rebelle, trop précis pour se mesurer avec l'épique et trop désaxé trop emphatisé par l'abîme, je montre du doigt l'espèce errante où gît le je au contact des livres, son sexe dans le ténébreux repaire où commence la pensée, ce qui existe réduit à un oeuf bordant les différentes pistes (…)"[3]

Que dira-t-on de la biographie qui pourrait éclairer cette oeuvre ? Gérard Augustin, né à Toulon en 1942, avait une formation de philosophe. La Méditerranée et sa puissance solaire enveloppe toute sa pensée. Il disait lui-même s'inspirer de la Vita Nuova de Dante et de la poésie troubadoresque du monde occitan. A le lire, le dû méditerranéen et philosophique est sans équivoque. Citons, entre autres, Indes méditerranéennes (Flammarion, 1984), Le Guide des égarés, où il est bien sûr question de Maïmonide mais aussi de Rome (Digraphe, 1999), Le Voyage de Lao-Tseu à Constantinople (l'Harmattan, 2004), l'Italie dans Le retour du temps (l'Harmatan, 2002), Athènes dispersée parmi les fleurs (l'Harmattan, 2010)…

Autre ancrage : l'amour, l'amour de Danielle, la geste amoureuse de toute une vie et de toute une oeuvre. Gérard Augustin l'évoque, indissociable de l'écriture, en prière d'insérer de Vies nouvelles (Flammarion, 1979), son livre, sans doute, fondateur :

"Tout ce que j'écris apparaît comme blessure. Le poème incise le texte autobiographique et s'y engouffre. Quand j'avais huit ans, un gamin me crevait un oeil d'une flèche d'osier. Brèche ouverte, par où le monde s'écoulait. Dilapidé, offert. Entre mon image et moi, cette perte infinie : ce monde rouge, ces figures de sang qui font irruption, rendent inutile leur hôte involontaire. Il me faut alors aimer cette agression parfaite, cette ivresse, sans y jeter à mesure, pour la nourrir, tous les événements qui lui succèdent et lui résistent. Cet événement premier me prive de tout alibi, de tout compromis, au moment où il me revêt d'une innocence intenable.

Toute blessure exige l'autocritique. La vie devient transgression de l'événement, le dépasse, le repousse. Elle ne rétablit pas des lois antérieures soudain mises à mal, elle établit, elle s'efforce de produire des lois, une grammaire qui ramène le corps à une certaine docilité. Elle ne cache pas ses artifices. L'événement est infiniment désiré, parce qu'il est, et le corps qui le porte est aussi la loi qui le perpétue. Le corps l'empêche de retourner à l'univers qui l'a une fois donné, il l'oblige à s'arrêter à lui, pour y occuper un sens. N'est-ce pas cela même l'écriture ?

Blesser et guérir. Bien plus tard, l'amour se présente à visage découvert, et il me revient d'apprendre la langue qui me permettra de le reconnaître et de le parler. A travers la poésie trobadoresque, la Vita Nuova… aujourd'hui. Les poèmes, le récit ne racontent pas Danielle, ils ne peuvent la raconter : elle les dit, s'y découvre, elle en jouit. La présence et la figure de l'amour ne sont pas achevées, elles se poursuivent, encore étranges, scandaleuses."

Vingt ans après la publication de Vies nouvelles paraissait Le Guide des égarés (Digraphe, 1999), livre magnifique, un des jalons sinon un des sommets, pour nous, de la production poétique francophone de la  fin du siècle dernier. Ville, temps, amour, tout se fait et se défait dans les repaires de l'errance : pour la concevoir et la pressentir, pour tracer des lignes de fuite le livre ne peut être qu’un guide pour les égarés.

Il y a la matière de ce livre et sa construction savante : la ville, Rome, ville chorale pour un répons qu'alimentent des métaphores de Maïmonide commentées ; mais qui est surtout porté par une quête, une traversée, un Trastevere de la langue dans une apparition et disparition d'images qui sont et ne sont pas les visages de la femme aimée, qui sont et ne sont pas les moments de la ville, Rome, pour toutes les représentations de l'amour incisées dans la poésie comme la pierre qui prend les formes du temps et de la lumière :

"Celle que je cherche est si proche de moi que
la ville pourrait céder et se volatiliser"

La bibliographie de Gérard Augustin ne se limite pas à ses propres livres. Il a aussi traduit plusieurs poètes, notamment le grand poète grec Nanos Valaoritis.

"Depuis longtemps aussi, je me passionne pour la traduction, particulièrement des langues méditerranéennes : le grec, l’espagnol, l’italien. Cette activité n’est pas tellement  éloignée de mon travail d’écriture : là aussi, la traduction est une sorte de commentaire du poème et sa réinsertion dans une histoire différente. L’activité de traducteur est inséparable de celle d’éditeur à laquelle j’ai toujours pris un grand plaisir." [4]

Cette activité d'éditeur l'a conduit, après avoir été rédacteur en chef de la revue Digraphe[5], à créer, avec Michel Cassir, la collection Levée d'ancre aux éditions l'Harmattan. Cette collection, qui fête ses dix ans d'existence, a publié des poètes de tous les horizons, du Roumain Constantin Abaluta au Lituanien Vladas Braziūnas, du Turc Metin Cengiz au Français Serge Pey et à l'Espagnol Fernando Beltran, des Grecs Nanos Valaoritis, Dino Siotis, Andreas Embiricos aux libanaises Hada Adib, Etel Adnan, Nada Eleiwa, Ritta Badoura, … « Tous à découvrir », comme l’a écrit Bernard Noël, à l’occasion de la publication de Grandes sont les nuits de Vladas Braziūnas[6].

Gérard Augustin poète, éditeur de poètes, traducteur de poètes, lui-même traduit dans plusieurs langues, homme de dialogue et d'amitié fervents, a bâti une oeuvre singulière. Elle charge le poème de la lumière du vécu, en recourant au récit et à la prose dans un continuum de pensée. Et par le poème, la fiction, l'énigme, le masque, le simulacre, l'illusion de l'histoire peuvent "transformer l'espace sombre des mots en une liaison secrète"[7].

L'ombre du poème[8]

Là où la vague enclôt l'ombre, là où avance
et recule le poème, faisant parler les épaves,
les vestiges d'un autre continent d'ombres
fluides et offusquées par la main qui cueille
à la crête des vagues l'or attentif, qui
amasse des brindilles pour construire le poème,
nid au milieu des tuiles vertes, recourbant
le nid d'oiseaux invisibles, les déterminations
scellées, dans le jeune âge éternel, aux
inventions de l'ombre, le poème qui cherche
à dire l'avenir du monde quand tout semble
avoir disparu de lui (…)


[1]    C’est au seuil de l’année du Dragon que meurt Gérard Augustin. Dans  Dragons (Atelier des Grames, 1987) il célébrait les sortilèges de l’enfance.

[2]   in Athènes dispersée parmi les fleurs. L'Harmattan, collection Levée d'ancre, 2010.

[3]   Op. cit. note 2.

[4]   Sur le site de la Maison des écrivains et de la littérature :  http://www.m-e-l.fr/index.php

[5]   Gérard Augustin  s’exprimait en 1999 sur la revue  Digraphe dans le n°28 du Matricule des Anges : « C'est Derrida qui m'a fait connaître Digraphe où je suis entré en 78. À l'époque il s'agissait d'aller à l'encontre des concepts classiques de la littérature, refuser la séparation entre la raison et les sens, de passer d'un genre à l'autre. Il y avait une pensée militante, Jean Ristat est membre du Parti communiste, et donc il y a eu une période de combat contre l'État, contre la droite, contre la marchandisation. J'essaie de donner une structure : retourner à la découverte des jeunes talents, redonner une dimension philosophique. Je viens de faire un numéro [Mythographies, n°85, 1998] qui explore le mythe. Il y a Jesper Svendro qui est un helléniste suédois extraordinaire, grand poète, Nanos Valaoritis, Siegfreid Plümper-Hüttenbrink qui écrit les pensées d'un flâneur, il y a Falempin qui écrit des textes dans une sorte de gongorisme, avec une réflexion constante sur Alcina de Haendel. Il n'y a pas un texte qu'on peut classer. Avec toujours la pensée, la littérature, la poésie. L'idéal de Digraphe c'est créer de la littérature, accueillir ce que les éditeurs rejettent par tous les moyens : la littérature ».

[6]   http://vladas.braziunas.net/node/646

[7]   Op. cit. note 2.

[8]   Op. cit. note 2.

 

 

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Sonnet de l’An nouveau, par Laurent Fourcaut

 

Décoré pour Noël tel est le Bar du Centre
les poivrots font au zinc un avachi cordon
mais tendre et rigolard encor trois jours on entre
dans l'an nouveau il va falloir mourir au don
 
bien aimé quichottisme en retournant au ventre
renaître adéquat au monde que Flash Gordon
annonça dès longtemps qui passe en épouvante
le moribond romain empire ah ! si le don
 
j'avions du bilieux Juvénal en ses satires
je liquiderais en vers l'odieux capital
dont l'infâme avarice nourrit la saine ire
qui va faire sauter tantôt l'occipital
 
voilà d'ailleurs un aspect neuf de la chaudière
intime qu'avait pas prévu Freud l'incendiaire
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Présentation des poètes de la soirée PLS

 

MARIE-CLAIRE BANCQUART

Marie-Claire Bancquart est professeur émérite de Littérature Française de l'Université de Paris-Sorbonne. Ses travaux universitaires ont pour l'essentiel porté sur les prosateurs français de la seconde moitié du XIXe siècle et sur la poésie française du XXe siècle. Elle a consacré quatre essais à Paris vu par les écrivains français depuis 1870. Romancière (L'Inquisiteur en 1980, Les tarots d'Ulysse, 1984, Élise en automne, 1991, entre autres), M.-C. Bancquart est avant tout poète. Elle est l’auteur de près d'une vingtaine de recueils. Les éditions Obsidiane ont fait paraître en 2002 sous le titre Rituel d'emportement une anthologie personnelle réunissant un choix de poèmes depuis le recueil Mais de 1969, jusqu'à un inédit de 2001, Qui voyage le soir. Après les prix Max Jacob, Supervielle, et le grand prix de poésie de la ville de Lyon, l'œuvre poétique de M.-C. Bancquart a été couronnée par le Grand prix d'automne de la Société des Gens de Lettres.

Sur la table :

Verticale du secret, L’Amourier, 2007.
Terre énergumène, Le Castor Astral, 2009.
Explorer l'incertain, L’Amourier, 2010.
Violente vie, Le Castor Astral, 2012.

 

William CLIFF

William Cliff est un poète belge né en 1940. Il est l'auteur d'une quinzaine de livres de poésie, depuis Homo sum (Gallimard, 1973) jusqu'aux deux derniers en date, Immense existence (Gallimard, 2007) et Épopées (La Table Ronde, 2008). Il est également l'auteur de cinq romans à forte teneur autobiographique (le dernier, U. S. A. 1976, a paru à La Table Ronde en 2010). Son Autobiographie en cent sonnets (La Différence, 1993), récemment rééditée (suivie de Conrad Detrez, La Table Ronde, 2010), est particulièrement représentative de sa manière très originale qui associe à une sorte de virtuosité de la forme, hirsute et dédaigneuse, un réalisme lyrique implacable, affamé et fiévreux. William Cliff a reçu en 2007 le Grand Prix de poésie de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre poétique.

 

Sur la table :

Immense Existence, Gallimard, 2007.
Épopées, La Table Ronde, 2008.
Autobiographie suivi de Conrad Detrez, Postface Jean-Claude Pirotte, La Table Ronde, 2009.
America, suivi de En Orient, Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », 2012.

 

 JEAN-PIERRE LEMAIRE

Né en 1948, Jean-Pierre Lemaire, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, est professeur de classes préparatoires au Lycée Henri-IV et au Lycée Sainte-Marie de Neuilly. Il a animé pendant plusieurs années un atelier d’écriture poétique à la Sorbonne.

Son premier recueil de poèmes, Les Marges du jour, a paru en 1981 aux éd. La Dogana, qui vient de le republier, avec une postface de Philippe Jaccottet. À l’exception de L’intérieur du monde, paru chez Cheyne éditeur en 2002, les poèmes de JP Lemaire ont été publiés par Gallimard.

J.-P. Lemaire a été le premier invité du séminaire de Denis Labouret et Olivier Gallet ( à Paris-Sorbonne), « Comment, au XXe siècle, devient-on un « écrivain catholique » ? »

Sur la table :

Les Marges du jour, La Dogana, 1981, rééd. 2011, augmentée d'une postface de Philippe Jaccottet.
Le Chemin du cap, Gallimard, 1993.
L'Intérieur du monde, Cheyne éditeur, 2002.
Figure humaine, Gallimard, 2008.

 

LIONEL RAY

Né en 1935, Lionel Ray est professeur honoraire de Chaire supérieure. Très abondante, son œuvre poétique s'étend sur plus d'un demi-siècle : son premier recueil, Les Chemins du soleil, est paru en 1956. Parmi les parutions récentes, signalons chez Gallimard, Matière de nuit, suivi de Éloge de l'éphémère (2004), L'Invention des bibliothèques (2007), Entre nuit et soleil (2010), chez d'autres éditeurs, l'anthologie Non à la guerre (2006) et Voix de femmes (2011) aux éditions Turquoise. Lionel Ray est également l'auteur de nombreux livres d'art, en collaboration avec des peintres et des graveurs, et d'essais sur la poésie (Le Procès de la vieille dame, éloge de la poésie, aux éditions de La Différence, 2008). Lionel Ray a reçu pour l'ensemble de son œuvre poétique le prix Goncourt de  poésie en 1995 et le Grand Prix de poésie de la Société des Gens de Lettres en 2001. On trouve réunis dans un volume de la collection Poésie / Gallimard (2004) deux recueils majeurs, Comme un château défait et Syllabes de sable, précédés d'une préface d'Olivier Barbarant et suivis d'un dossier bibliographique.

Sur la table :

Matière de nuit : poèmes. Gallimard, 2004.
Comme un château défait/Syllabes de sable, Gallimard, coll. « Poésie », 2004.
L'Invention des bibliothèques (les poèmes de Laurent Barthélemy), Gallimard, 2007.
Entre nuit et soleil, Gallimard, 2010.

 

Jacques ROUBAUD

Jacques Roubaud, né en 1932, est un des principaux membres de l’OuLiPo, en même temps qu’un des écrivains majeurs d’aujourd’hui. Son œuvre touche à tous les genres, et en particulier à la poésie, qu’il a illustrée de façon aussi éminente que singulière. Depuis le premier livre de poèmes, Є (« signe d’appartenance »), jusqu’au récent Churchill 40, et autres sonnets de voyages (2004), en passant par Quelque chose noir (1986), La Pluralité des Mondes de Lewis (1991), La forme d’une ville change plus vite hélas que le cœur des humains (1999). Il a aussi écrit des poèmes pour enfants : Les Animaux de tout le monde (1983) et Les Animaux de personne (1991). Il est aussi l’auteur de livres sur la poésie : son anthologie Soleil du soleil : anthologie du sonnet français de Marot à Malherbe (1999), son « Essai sur l’art formel des troubadours », La fleur inverse (1986), et son « Essai sur quelques états du vers français » : La vieillesse d’Alexandre (1978)). Son dernier livre de poésie vient de paraître, aux éditions Attila : Ode à la ligne 29 des autobus parisiens. Composition éminemment oulipienne, puisqu’elle repose sur un « Cahier des charges » détaillé à la fin du volume, autrement dit un ensemble de contraintes telles qu’elles produisent en effet un livre très singulier.

Sur la table :

Quelque chose noir, Gallimard, coll. « Poésie », 2001.
Churchill 40 et autres sonnets de voyage, 2002-2003, Gallimard, 2004.
La Forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains, 150 poèmes, 1991-1998, Gallimard, coll. « Poésie », 2006.
Ode à la ligne 29 des autobus parisiens, éditions Attila, 2012.

 

Esther TELLERMANN

Esther Tellermann, que j’ai le privilège de connaître depuis de nombreuses années, est professeur de lettres et psychanalyste. Elle est l'auteur de huit livres d'une poésie qui se situe, selon ses propres dires, dans le double sillage de Saint-John Perse et de Paul Celan. Tous ont été publiés aux éditions Flammarion : Première apparition avec épaisseur (1986) ; Trois plans inhumains (1989) ; Distance de fuite (1993) ; Pangéia (1996) ; Guerre extrême (1999) ; Encre plus rouge (2003) ; Terre exacte (2007). Et, récemment, Contre l’épisode, en 2011. En 2004 elle a fait paraître un « récit », Une odeur humaine (Farrago/Léo Scheer). Elle est une des voix les plus singulières de la poésie d’aujourd’hui. Je suis heureux de pouvoir ajouter que j’ai dirigé le numéro de la revue Nu(e) qui lui a été consacré, en 2008.

 

Sur la table :

Encre plus rouge, Flammarion, 2003.
Une odeur humaine, Farrago/Léo Scheer, 2004.
Terre exacte, Flammarion, 2007.
Contre l'épisode, Flammarion, 2011.

 

JEAN-PIERRE VERHEGGEN

Jean-Pierre Verheggen est né à Gembloux, Belgique, en 1942. Il a été professeur de français puis animateur de radio, enfin fonctionnaire au ministère de la Culture. Son premier livre, La Grande Mitraque, paraît en 1968. En 1969, il rencontre Christian Prigent, avec qui il anime la revue d'avant-garde TXT, jusqu'en 1993. Puis les livres se suivent : Le Grand Cacophone (1974), Le Degré Zorro de l'écriture (1978), Divan le terrible (sous-titré « Les Aventures de Freud Astaire », 1979), NiNietzsche, Peau d'Chien ! (1983), Stabat Mater (1986), Artaud Rimbur (1990), Ridiculum vitae (1994). En 1985, Verheggen commence à se livrer à des séances de lectures-performances, dont vous allez avoir une idée dans un instant. Parmi les derniers livres parus : On n'est pas sérieux quand on a 117 ans (zuteries) (2001), Du même auteur chez le même éditeur  (nouvelles zuteries) (2004), L'Idiot du Vieil-Âge (Excentries) (2006), Sodome et Grammaire (2008), et le dernier, chez Gallimard, Poète bin qu'oui, poète bin qu'non ? (2011). Nous remercions tout particulièrement le comédien Jacques Bonnafé, son complice, dont le monologue L’Oral et Hardi, sur une texte de Verheggen, a remporté un vif succès. Car Jacques Bonnafé doit se livrer à un duo avec Jean-Pierre Verheggen.

Sur la table :

Ridiculum vitæ précédé de Artaud Rimbur, préface de Marcel Moreau, Poésie/Gallimard, 2001.
L'Idiot du Vieil-Âge : (Excentries), Gallimard, 2006.
Sodome et Grammaire, Gallimard, coll. « Hors Série Littérature », Paris, 2008.
Poète bin qu'oui, poète bin qu'non ?, Gallimard, 2011.

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