Edito 2013

 

L'hiver était là et le printemps encore loin. La grippe sévissait. Le Réfectoire des Cordeliers était fermé, la rue barrée. Les spectacles à peine en germe. On osait à peine annoncer ce qui n'était pas encore… et voici que tout arrive, les portes s'ouvrent, les affiches fleurissent : la 8e des Dionysies, la 7e aux Cordeliers ! Et le 18e printemps de Démodocos…

Les Dionysies devaient s'ouvrir sur le Sacre du printemps, dans la version pour piano à quatre mains conçue par Stravinski, avec les Celestial Mechanics de George Crumb, par le duo Métamorphoses, mais impossible de livrer un piano au Réfectoire : on attendra donc le lendemain (23 mars) pour rallier l'amphithéâtre Richelieu et entremêler Crumb, Lucrèce et Stravinski. Car nos très chers Emmanuel Lascoux et Guillaume Boussard reviendront nous enchanter avec un Lucrèce entremêlé de fantaisies pianistiques et d'une danse de flamenco par Anne-Iris Muñoz.

D'abord Homère, encore et toujours, un chant initial de l'Iliade, Invocation à la Muse, "Nous ne prendrons jamais Troie, la ville aux larges ruelles", par votre serviteur, en ouverture des Dionysies, pour accueillir le recteur de l'Académie de Paris, chancelier des Universités, M. François Weil (22 mars, 19h), prélude à d'autres chants de l'Iliade par le café homérique (24 mars 15h). Le théâtre renaîtra juste après l'ouverture avec les Perses d'Eschyle (22 mars, 20h30, et 24 mars 18h). Puis Démodocos relancera l'Orestie avec Agamemnon, pièce grandiose et sublime (23 mars 20h30), avec un dispositif nouveau de masque et de choeur. La pièce sera donnée en hommage Eric Pide, l'artiste et écrivain dionysiaque maudit disparu en 1998, compagnon de la troupe en ses débuts. Le Réfectoire accueillera un élève d'Anatoli Vassiliev, Hugues Badet, qui a bénéficié de la formation du maître à l'école de… Platon. Il nous proposera, avec deux acteurs, sa version de l'Hippias mineur (23 mars 14h ; 24 mars 20h30). Nicolas Lakshmanan viendra dire, avec un musicien, la Chanson de Roland, dans sa version en décasyllabes assonancés, déjà entendue en partie aux Dionysies 2009, et presque achevée (. Aymeric Münch reporte son rendez-vous virgilien à l'année prochaine mais viendra faire le Messager dans les Perses. Les Antigones seront là, fidèles au rendez-vous, venues de Bactres et d'Abyssinie. Les Bacchantes font monter la fièvre dionysiaque au-delà du raisonnable, et la comédie Amphitryon, en costumes grecs, pointe son nez romain, dans une nouvelle traduction, à faire pâlir les Grecs… Un nouveau comédien est en gestation. Tous ses gestes contenus dans le texte, et tous les autres à anticiper ou déduire… Arlequinade, pantalonade ? Non, ce n'est pas la Commedia ! C'est encore autre chose, à inventer…

Pour l'Orestie, 2010 fut l'année de la traduction et du masque facial ; 2011 fut l'année de la danse ; 2012 l'année des masques, lesquels n'arrivent que cette année, en 2013, dans l'Orestie. On espérait les satyres : ce sera finalement l'année du palais des Atrides… Venez redécouvrir l'immense Orestie, avec ses chants, ses danses, ses masques, Agamemnon, avec son choeur renforcé, dans la version créée cet automne à Brest, suivie des poignantes Choéphores et des toujours plus saisissantes Euménides

 

Philippe Brunet
Directeur artistique du festival des Dionysies
 

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